Et voilà , c’est terminé. Vendredi, après une semaine de « travaux », j’ai vu « mon » appart pour la dernière fois.
J’ai habité cet appartement de 8 ans à 18 ans, seule avec ma mère, juste après le divorce de mes parents.
Etrangement, quand j’ai dû quitter « ma » maison à 8 ans, rien ne m’a manqué. La seule chose qui me manquait était en fait le pommier que j’avais l’habitude d’escalader.
Et cet appart avait beau être un refuge, on ne peut pas dire qu’il était sans défaut : situé dans une tour, au 5ème étage sans ascenseur, l’hiver, chauffage au sol non réglable : 30° l’hiver. Orienté plein sud : entre 35° et 40° l’été…
Mais aujourd’hui, la nostalgie s’installe…
Ce sont les murs de la fin de mon enfance, de mon adolescence, de mon entrée dans l’âge adulte…
Je n’aimerais pas revivre cette période, et pourtant, en me baladant à travers les pièces et en refermant la porte, je n’avais que les bons souvenirs en tête…
Je me rappelle de mon chat adoré qui chaque nuit s’installait tout près de ma tête pour dormir, de mon balcon d’où la vue s’étendait jusqu’aux campagnes alentours, des couchers de soleil que j’ai capturé depuis ma chambre…
Je me souviens des premières invitations, des premières journées entre amis, des premières soirées… Quand on chantait « jeunes et cons » depuis mon balcon, à 5h du matin, en regardant le jour se lever… Quand j’avais métamorphosé ma chambre en resto’ lounge et que j’avais cuisiné un repas asiatique de A à Z… Quand on ressortait en pleine nuit pour se baigner dans la fontaine et prendre des photos dans toute la ville… Quand on s’était retrouvés, tous les trois…
Les premiers regards, en tête à tête, quand on n’ose plus parler, encore tétanisé par la timidité, les premiers émois, les premiers désirs… Les premiers chagrins… François, qui était toujours là , pour les joies, pour les peines, nos fous rire, quand on répétait la pièce de théâtre que l’on jouait ensemble et les coiffures que j’essayais sur lui. Linkin Park, qu’on écoutait du matin au soir, on s’isolait la journée, avec nos deux paires d’écouteurs branchés sur la même musique, en pensant que le reste ne pouvait plus nous atteindre.
Mon collège, que je voyais depuis ma fenêtre… Le jour où l’on avait observé les professeurs avec mes jumelles, mes techniques pour ne pas apparaitre à la fenêtre de la salle de bain quand il y avait cours… Les midis partagés avec ma meilleure amie… Mes 14 ans, avec 3 personnes. Mes 15 ans, juste avec François.
Mes premiers pas en photos… Les murs que j’utilisais comme fond, les tissus que je tendais le long des portes… La première fois que j’ai réussi à accepter mon corps.
Mon premier beau père, la première fois que je retrouvais une vie de famille, que je passais des nuits sans cauchemars, les fou rires, le jour où l’on avait joué à la chenille dans tout l’appart en grimpant sur les tables et sur les lits… Les 5 chatons que l’on avait élevés ensemble… Les veillées pour donner le biberon à 1h du matin…
Je me souviens des rayon de soleil qui apparaissaient, près de mon ordinateur, la poussière qui dansait dans ce halo, l’odeur de ma chambre ensoleillée, je me rappelle des chansons qui m’ont tant accompagnée durant ces 10 années, de Sans (Re)pères à AIR, en passant par Mystère et Suspense… J’écoutais sans cesse les compilations de Metal, je traduisais les paroles du Best OF de Tracy Chapman, j’écoutais du Jazz pour me rapprocher de mon père… Les chansons que j’aurai voulu oublier… Dream Theater, Like a Stone d’Audioslave… Aujourd’hui, tout me parvient avec douceur, comme un lointain souvenir dont je n’ai gardé que la douce sensation d’être portée au fil des jours… (et pourtant, nombreux ont été les naufrages…). Surement la chaleur ambiante, j’ai l’impression d’avoir vécu dans cet appartement comme en plein cÅ“ur de l’été…
Nostalgique et à la fois réconfortée de savoir que, moi aussi, j’ai des souvenirs heureux.


Un commentaire
Salut Marion :) !
Je tombe sur ton blog un peu par hasard (enfin, le hasard s’appelle copainsdavant.fr…) et je vois que tu as bien changé depuis la belle époque où on se connaissait… C’est-à -dire vers 10 ans, quand tu vivais encore dans cet appartement !
C’est étonnant pour moi de lire que tu y vivais encore. Il faut dire qu’avec l’instabilité chronique de ma famille, ça me paraît étrange que des gens puissent vivre toute une enfance dans la même maison, mais c’est une autre histoire.
En tout cas, tu as bien changé ! Tu es devenue une femme, à présent. Belle et digne. Et je te souhaite beaucoup de réussite dans ta vie, Marion !