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Quelques pensées autour de Planète Parr



Vendredi, j’ai profité d’une petite escapade avec une amie pour (enfin) découvrir l’exposition Planète Parr au Jeu de Paume.

 
Et comme prévu, je reste sceptique. Non pas sur le travail effectué, mais sceptique dans le sens où je ne sais toujours pas quoi en penser.

 
L’immersion dans le monde de Parr est totale et très intéressante. Ou découvre ou redécouvre des artistes qui forment une véritable unité autour du thème du documentaire, de l’archive.

 
Les collections d’objets sont tout simplement hallucinantes, notamment celles concernant le 11/09/01 ainsi que la guerre en Irak. On y découvre comment peut être mélangé le consumérisme avec les idées les plus haineuses (?) pour donner naissance à des objets d’un goût plus que douteux qui font froid dans le dos.
Dans un ton plus léger, on peut également observer ces photos très acides mettant en scène la vulgarité avec laquelle les « hautes sphères de la société » étalent leur argent…

 
On ressent vite une unité autour des notions de « grotesque » dans ces objets et ces photos.

 
Mais il y a aussi des photos d’autres personnes travaillant autour des notions de documentaires en photographie. On y voit « l’Amérique profonde » lors de fêtes ou autres réunions… Des jeunes filles enceintes, des couples qui s’embrassent, quelques personnes alcoolisées… Ce sont les photos qui m’ont mise le plus mal à l’aise.
Certes elles dégagent quelque chose de grotesque, de « vain »… Mais on fini par ressentir une sorte de mépris. Les gens derrière moi riaient à chaque photo, se moquant de la tenue d’une telle ou de la tête d’un tel…

 
Je n’arrive pas à mettre des mots sur ces sensations, mais c’est la raison pour laquelle le travail de Martin Parr, et cette exposition plus particulièrement, me mettent mal à l’aise.
J’avais souvent entendu parler d’une comparaison entre Martin Parr et Jeremy Deller, tous deux plasticiens britanniques ayant une pratique archiviste, l’un du côté « méprisant », l’autre du côté « festif, populaire »… Et je commence à comprendre. Dans les deux exposition (Planète Parr et D’une Révolution à l’Autre), l’ »Humain » a une place centrale, mais les sentiment que l’on ressent envers Lui sont vraiment différents.

 
En bref, j’ai beau être soufflée par la capacité de Martin Parr a capter chaque détail, regard, posture, et à le charger d’une quantité de signification, mais il y a toujours un « hic » que je n’arrive pas à expliquer et qui me travaille.

 

7 commentaires

  1. Mél

    En voyant la photo que tu as choisi, je comprend ce que tu veux dire… La photo est magnifique: le cadrage, la netteté, les détails, les couleurs, tout est parfait…
    Mais il y a quelque chose qui dérange! Cette poupée barbie magnifique au regard complètement fou… son sourire fait peur, d’ailleurs, je trouve!

  2. Moossye

    Bah en fait, ça ça va, c’est le concept même de la série.
    C’est ce qui vient « après » : dans ces conditions, que peut on ressentir à part mépris et moqueries ? J’ai entendu beaucoup de gens pouffer de rire.
    Quand c’est face aux « riches vulgos », ça m’indiffère, mais quand je ressens ce même mépris face aux anonymes présents dans les autres photos (celles qui ne sont pas de Parr), ça me met mal à l’aise.

    C’est vraiment ce sentiment mépris / moqueries qui me travaille.

  3. Mél

    En fait, je ne connaissais pas l’artiste et c’était donc mes premières impressions à froid (preuve que le message de l’artiste est clair, net et précis)…
    Du coup, je suis allée en voir un peu plus sur lui, j’aime beaucoup certaines de ces photos, et également sur l’expo que tu as vu (et que malheureusement, je ne verrai pas puisqu’elle sera finie quand je « monterai ») et je pense comprendre mieux encore ce que tu as pu ressentir devant ça: http://we-english.co.uk/blog/wp-content/uploads/2009/03/watching-the-parade-west-end-newcastle-1980.jpg (une photo de Chris Killip, Father&Son), ça fait froid dans le dos,… et pourtant c’est une banale scène du quotidien! Et encore, en vrai, devant la photo, ça doit être encore plus perturbant…

    Merci, en tout cas, d’avoir partagé ça avec nous! Et j’espère que tu continueras encore longtemps à le faire car je risque d’être souvent passionnée :-)

  4. Encore une expo faite sans y être. Ça donne envie !
    (J’suis assez d’accord, la madame elle a l’air un peu dérangée..)

  5. Moossye

    Ah, voilà les photos dont je parlais ! Ce sont celles de Mark Neville :
    http://bit.ly/T6OF7

  6. spinaltab

    Je pense que c’est justement la force d’un photographe comme Martin Parr, dont personnellement je vénère le travail.

    Les photos qu’il prend tranchent avec nos habitudes de « spectateur photo ». On est habitué à voir le quotidien sublimé, ou au contraire sa cruauté/son ironie poussée à l’extrême.

    Lui va chercher nos contradictions d’humain, nos orgueils, nos « goût des autres » et notre banalité et les montre sous un angle qui n’appartient à aucune des catégories auxquelles on est habitué.

    Face à ça, chacun est placé devant son propre système de valeur et de jugement face à l’Autre et à l’être humain en général : y en a qui se moquent, parce que ces scènes font ressortir leurs réflexes de mépris et de rejet.

    Y en a que ça touche et que ça émeut, y en a chez qui tout ce Barnum provoque de la tendresse amusée, parce qu’ils se sentent partie intégrante du monde un peu fou et pourtant si commun décrit par Parr. Y en a à qui ça fait peur, parce que oui, on fait peur en tant que groupe.

    Suffit de prendre le métro pour s’en apercevoir. On fait tous peur, les amis. XD

    Bref, tout ça pour dire que son travail est je pense fait pour rendre mal à l’aise. Ou du moins te placer dans une certaine position de déséquilibre et d’inconfort, que tu vas tenter de « résoudre » par le rire, la peur, le dégoût ou la tendresse.

    Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle le principe du mémorial Juif de Berlin, où tu marches sur un sol conçu en « vagues », très inhabituel et fait pour provoquer le malaise.

    http://www.holocaust-mahnmal.de/

    Bon bref. Je parle trop.

  7. Moossye

    J’aime beaucoup quand tu parles trop :)

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