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Hocus Pocus, nouvel album & interview : 20syl, l’art, le graphisme…


Lundi se déroulait une petite blog party au Jamel Comedy club où j’ai eu l’occasion de profiter encore une fois, d’un concert d’Hocus Pocus pour le lancement de leur nouvel album, 16 pièces.
Un public difficile à réchauffer (honte à vous, bande de timides.) pour un concert toujours aussi bon, et de nouveaux sons plutôt canons, qui méritaient un accueil plus chaleureux !

Cet événement est également pour moi l’occasion de mettre en ligne quelques bribes d’une discussion très agréable que Seb et moi avons eu avec 20syl il y a à peu près un mois. Je vous laisse donc avec quelques questions autour de l’art et du graphisme, tandis qu’Spry vous offrira une interview plus complète autour de la musique… Enjoy !

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Spry : Je voulais revenir sur ce qu’on peut considérer comme le début pour le grand public, c’est à dire l’album 73 touches, puis Place 54. Il y a eu la nomination aux Victoires de la Musique, le disque d’or, les tournées… Dans quel état d’esprit vous étiez lorsque vous avez commencé à penser au nouvel album ?

20Syl : On a un rythme un peu particulier. On commence à faire des concerts alors que le disque est à peine sorti et pas encore dans la tête des gens. C’est ce qui s’est passé sur Place 54 : Très tôt, on a commencé à tourner avant même que le disque ne soit sorti, du coup, j’ai l’impression que si aujourd’hui, on commençait la tournée Place 54, ça pourrait presque fonctionner aussi bien que quand on l’a fait à l’époque, le temps que les gens assimilent aussi notre musique, etc.

Il y a une période de 6 mois où l’on a arrêté de tourner pour se consacrer à l’album, et sur la fin, on s’est mis à fond sur les répétitions, donc ce qu’on faisait pour le live influence aussi la fin de création du disque, et ce qu’on faisait sur le disque influençait forcément la création du live. Aujourd’hui, on arrive avec un set avec dix nouveaux morceaux, un nouveau décor, les cuivres sur toutes les dates avec nous… Un spectacle travaillé et que l’on a déjà présenté à Saint-Nazaire le 22 janvier et qui fonctionne super bien.
Donc voilà, on est dans une passe où l’album va sortir, et on va repartir sur les routes à nouveau. Et ça se passe super bien parce que de plus en plus de dates sont complètes, et on ne demande que ça… C’est parfait.

 
Spry : Au niveau de ton écriture, j’ai remarqué que tu étais vraiment dans le détail, dans la description. Est-ce que c’est ton côté graphiste qui est à l’origine de cela ?

20Syl : Je pense être quelqu’un qui a une culture de l’image avant tout, et une mémoire visuelle. Vraiment, je fonctionne comme ça, et quand j’écris, c’est une succession d’images. D’ailleurs, j’écris mes textes comme des scénarios de court-métrage. C’est à dire que je vais poser tous mes plans, toutes les idées avant même de mettre toutes mes rimes dessus. Je n’écris pas comme un poète qui va directement écrire son inspiration. Je fais comme un plan de dissertation, et je vois si dans le plan que je fais, il y a quelque chose à tirer de ce thème, de cette idée de base.

Chaque idée va m’évoquer des images que je vais essayer de détourner, pour arriver à quelque chose de surprenant : à la manière d’un humoriste, j’essaye de ne pas aller direct au but, ce qui casserait un peu la chute. J’essaie de trouver une façon détournée de raconter l’histoire et d’arriver à la même idée de manière décalée. Voilà, il y a tout ce cheminement qui est particulier mais qui est propre à mon style d’écriture.

Et en effet, c’est un moyen pour moi de pas trop me dévoiler, d’avoir un message conscient, de mettre le doigt sur des choses sensibles, sans complètement s’engager, parce que ce n’est pas mon caractère. C’est vrai que parfois, je ne suis pas assez sûr de moi pour pouvoir dire « Oui, sur ça, je pense ça, parce que c’est comme ça ! ». Parfois, je n’ai pas l’impression d’être assez au fait des choses, et d’être assez documenté pour avoir un avis complètement figé. Donc je préfère questionner, jouer le jeu de l’autodérision et de me poser des questions. Il y a beaucoup de ça dans le nouvel album : me remettre en cause, questionner ma position et ma manière de percevoir les choses qui m’entourent.

Après, le point de vue du graphiste, il est peut-être dans mon côté psychorigide du mec qui bosse sur Illustrator et qui du coup, veut que tout soit bien symétrique, à même distance l’une de l’autre. Quelque part, dans mes rimes, il y a un peu de ça. C’est à dire que j’ai une écriture assez carrée et il faut que les mots soient très rythmiques… Mais il y a aussi des morceaux beaucoup plus lus, comme « Place 54″ et d’autres dans le nouvel album… Mais j’aime les flows… Mes MC préférés sont souvent des rappeurs qui ont un flow hyper percutant, qui rebondissent et qui sont à la fois mélodiques et très percussifs. Et ça, c’est peut-être mon côté très carré et batteur… Parce que je suis aussi batteur !

 



 
Moo’ : J’ai vu que tu avais une formation de graphiste à la base, et je me suis demandé si les arts visuels et la musique, ça avait toujours été aussi imbriqué ou si tu en étais venu à associer les deux au fur et à mesure ?

20Syl : En fait, je ne sais pas, j’ai l’impression d’avoir une espèce de préoccupation globale quand je crée quelque chose. C’est à dire que quand j’arrive sur la création d’un album, tout de suite, je commence à réfléchir à l’univers visuel qui va l’accompagner et à l’image, à la couleur que m’évoque tel ou tel morceau.

J’ai fait les Beaux-Arts, j’ai pas vraiment de formation graphique, mais c’est vrai qu’en parallèle, je faisais toutes les pochettes des disques de C2C et d’Hocus Pocus. Au final, je pense avoir eu mon diplôme grâce à ça car je leur ai tout déballé à la fin de mon année : cinq ou six maxis, des albums, des affiches, des tas de trucs, ils ont vu toutes ces choses dont je n’avais jamais parlé tout au long de mes six ans d’études, où je présentais des projets plus expérimentaux et des vidéos… que j’ai aussi présentés à mon diplôme.

Au final, tout cet univers que j’avais crée en parallèle de mes études, c’était ça mes études. Tout le temps que je passais chez moi à faire du Photoshop de l’Illustrator, je m’étais fait une formation de graphiste moi-même. Donc c’était très lié à la musique car au fur et à mesure que je faisais un disque, il y avait une image qui allait avec, idem pour les tournées, avec les t-shirts, etc. C’était une préoccupation d’avoir des choses, de la matière, et toute une imagerie qui collait à celle de notre musique. Donc c’était assez naturel.

Et puis c’était un kif aussi de pouvoir faire ça. Et plus simplement, c’est qu’on n’avait personne d’autre sous la main pour le faire.

 
Spry : On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

20Syl : Oui, j’ai toujours fonctionné comme ça. La première cassette d’Hocus Pocus, la pochette c’était une photo découpée dans un magazine de skate, d’un autre truc abstrait, la photo d’un sous-sol, avec un logo dessiné à la main, le tout fait à la photocopieuse, recollé par-dessus parce qu’on n’avait pas d’ordinateur et Photoshop. Donc on faisait tout en découpage et photocopie couleur ensuite… Dès la première cassette, je faisais la pochette. Après, ça a continué naturellement…

 
Moo’ : On a tendance à rechercher des références musicales, mais au niveau références artistiques et graphistes, est-ce que tu as vraiment des gens qui t’inspirent ?

20Syl : Il y en a un en particulier, dont j’ai toujours suivi le boulot et que j’aime particulièrement, c’est un mec qui s’appelle Evan Hecox. C’est un artiste qui s’est fait connaître par le biais du skate en particulier, qui faisait pas mal d’artworks pour des marques comme Girl et Chocolate, et qui faisait des décos sur les planches de skate. Et c’est un artiste qui expose, qui fait plein de choses…

Il y a un mec qui s’appelle Geoff McFetridge aussi, Cody Hudson… Et puis, plus récemment, je me suis ouvert à d’autres choses, parce que ma copine a bossé dans une galerie, et le street art est vraiment son milieu, et plus largement l’art contemporain… Du coup, c’est vrai qu’il y a énormément d’artistes qui me parlent.
Des trucs comme WK, ou… comment il s’appelle celui qui a fait le camion de glaces ? Qui a fait une expo récemment en Angleterre. C’est un mec qui a fait des performances où il allait dans des musées et il tagguait des œuvres. Il est super connu ! C’est genre « LE mec du Street Art ». Enfin bon… ça me reviendra ! (Edit by Moossye : je dirais que l’artiste en question est ZEVS, mais je n’en suis pas sure.)

Puis, il y a plein de mecs comme ça que j’ai découvert plus récemment, mais qui me donnent plein d’idées. Après, il y a des gars un peu prisés comme Parra ou So-Me qui font énormément de choses dans le graphisme, très actuelles, avec ce côté hyper ludique, hyper coloré, que j’apprécie aussi. Enfin voilà, je kiffe, y’a plein de choses, et ça me donne plein d’idées, autant au point de vue musical que graphique.

 

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Hocus Pocus – 16 pièces
Album disponible le 15 Mars.


 

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