J’avais peur de ne pas réussir à visiter l’exposition avant mon départ pour Tokyo, mais c’est finalement chose faite ! Ce fut donc une matinée de retro-gaming très agréable, avec, tout de même quelques petites remarques à faire sur l’exposition…
Lorsque l’on franchit le seuil de MuseoGames, on découvre un univers peuplé de nombreux souvenirs, et il y a de quoi ravir tous les gamers, puisque de nombreux jeux sur différentes plateformes sont jouables. On retrouve d’ailleurs vite les réflexes que l’on avait il y a déjà longtemps, on se souvient des niveaux, des astuces pour les réussir… Le sentiment de nostalgie est très bien entretenu par l’exposition ! J’ai pu la visiter dès l’ouverture du musée, ce qui constitue un avantage majeur : quasiment toutes les consoles étaient disponibles sans attente, ce qui permettait de se plonger dans l’univers proposé, et de passer d’un jeu à l’autre sans attente, ce qui n’est pas négligeable quand l’exposition entend vous proposer « une histoire à rejouer », ponctuée de témoignages d’acteurs du jeu vidéo, que l’on peut regarder au calme, dans certains coins de l’exposition.
La scénographie créé vraiment un univers à part, qui mélange différentes époques, différents souvenirs : de grands écrans accrochés aux murs retransmettent en direct chaque partie de jeu, et c’est une expérience plutôt inédite de pouvoir observer à la fois Alex Kidd, REZ et GoldenEye 007 !
Avec cette exposition, le musée des Arts et Métiers et ses partenaires contribuent donc à faire du jeu vidéo un bien culturel, et à le faire entrer dans des lieux culturels, non pas en tant que référence ou matière première pour des artistes, des cinéastes, mais en tant qu’objet porteur de culture.

Pour une fan de jeux vidéo, ancienne des Beaux Arts et étudiant maintenant les métiers de l’exposition et les études culturelles (parfois, j’ai aussi une vie.), vous vous doutez bien que MuseoGames m’intéressait sur bien des points. Et, à mon sens, le principal reproche que l’on peut faire à cet événement se trouve au niveau de la médiation sensée entourer l’exposition.
Un bref passage à la billetterie déjà , où l’on entend une employée renseigner des parents : « Oh vous savez, il y a beaucoup de consoles, c’est surtout une exposition pour les enfants, c’est pour jouer »… On regrette un petit peu que l’exposition ne soit pas plus défendue lorsque l’on sort des aspects techniques et scientifiques. D’ailleurs, il y a un détail qui m’a beaucoup marquée : l’absence de livret de salle. Les cartels ponctuent la visite avec des informations précises, historiques, techniques, comme dans toute exposition, mais il manque ce petit objet « pour aller plus loin », que l’on peut emmener chez soi pour relire plus tard.
Je trouve qu’il manque cet aspect réflexif, qui permettrait au jeu vidéo, en plus de s’exposer, de questionner sur son statut et sur les représentations qu’ils véhiculent ou que l’on lui attribue. Je regrette vraiment cette absence, surtout qu’il n’existe pas de catalogue de l’exposition.
C’est d’autant plus frustrant que le site internet, à travers des interviews et des articles « points de vue », pourrait offrir une base plutôt riche pour un catalogue que l’on prendrait plaisir à feuilleter, et que l’on aurait pu rapidement considérer comme un ouvrage de référence.
Mais au final, c’est surtout la librairie qui m’a attristée.
Dans ma pratique des expos, la librairie fait partie intégrante de ma sortie : si l’exposition m’a donné envie d’en découvrir plus, je sais que j’y trouverais les ouvrages nécessaires, et que j’aurais le choix entre revues, ouvrages théoriques, catalogues… (soi dit en passant, je vous recommande vivement Bookstorming à côté de la Maison Rouge.).
A la sortie de MuseoGames, j’étais vraiment curieuse de découvrir ce qui allait m’être proposé, d’autant plus que Pix’n Love et les Inrocks faisaient partie des partenaires. J’ai été déçue par le peu d’ouvrages présentés : seulement deux ouvrages des éditions Pix’N love, un hors-série Joypad, et surtout beaucoup d’ouvrages autour des jeux vidéo dans la société, toujours traités sous le même angle.
Un coin réservé aux ouvrages pour enfants proposaient quelques BD Kid Paddle, mais aussi d’autres ouvrages, tous dans une sphère très psychologique, sur l’influence des jeux vidéo et la notion d’addiction. Je ne dis pas que ce débat ne devrait pas être posé, mais quand il devient la seule entrée pour la découverte d’une culture, quelle image peut on avoir de celle-ci ?
Lorsque l’on franchit le seuil de MuseoGames, on découvre un univers peuplé de nombreux souvenirs, et il y a de quoi ravir tous les gamers, puisque de nombreux jeux sur différentes plateformes sont jouables. On retrouve d’ailleurs vite les réflexes que l’on avait il y a déjà longtemps, on se souvient des niveaux, des astuces pour les réussir… Le sentiment de nostalgie est très bien entretenu par l’exposition ! J’ai pu la visiter dès l’ouverture du musée, ce qui constitue un avantage majeur : quasiment toutes les consoles étaient disponibles sans attente, ce qui permettait de se plonger dans l’univers proposé, et de passer d’un jeu à l’autre sans attente, ce qui n’est pas négligeable quand l’exposition entend vous proposer « une histoire à rejouer », ponctuée de témoignages d’acteurs du jeu vidéo, que l’on peut regarder au calme, dans certains coins de l’exposition.
La scénographie créé vraiment un univers à part, qui mélange différentes époques, différents souvenirs : de grands écrans accrochés aux murs retransmettent en direct chaque partie de jeu, et c’est une expérience plutôt inédite de pouvoir observer à la fois Alex Kidd, REZ et GoldenEye 007 !
Avec cette exposition, le musée des Arts et Métiers et ses partenaires contribuent donc à faire du jeu vidéo un bien culturel, et à le faire entrer dans des lieux culturels, non pas en tant que référence ou matière première pour des artistes, des cinéastes, mais en tant qu’objet porteur de culture.

Pour une fan de jeux vidéo, ancienne des Beaux Arts et étudiant maintenant les métiers de l’exposition et les études culturelles (parfois, j’ai aussi une vie.), vous vous doutez bien que MuseoGames m’intéressait sur bien des points. Et, à mon sens, le principal reproche que l’on peut faire à cet événement se trouve au niveau de la médiation sensée entourer l’exposition.
Un bref passage à la billetterie déjà , où l’on entend une employée renseigner des parents : « Oh vous savez, il y a beaucoup de consoles, c’est surtout une exposition pour les enfants, c’est pour jouer »… On regrette un petit peu que l’exposition ne soit pas plus défendue lorsque l’on sort des aspects techniques et scientifiques. D’ailleurs, il y a un détail qui m’a beaucoup marquée : l’absence de livret de salle. Les cartels ponctuent la visite avec des informations précises, historiques, techniques, comme dans toute exposition, mais il manque ce petit objet « pour aller plus loin », que l’on peut emmener chez soi pour relire plus tard.
Je trouve qu’il manque cet aspect réflexif, qui permettrait au jeu vidéo, en plus de s’exposer, de questionner sur son statut et sur les représentations qu’ils véhiculent ou que l’on lui attribue. Je regrette vraiment cette absence, surtout qu’il n’existe pas de catalogue de l’exposition.
C’est d’autant plus frustrant que le site internet, à travers des interviews et des articles « points de vue », pourrait offrir une base plutôt riche pour un catalogue que l’on prendrait plaisir à feuilleter, et que l’on aurait pu rapidement considérer comme un ouvrage de référence.
Mais au final, c’est surtout la librairie qui m’a attristée.
Dans ma pratique des expos, la librairie fait partie intégrante de ma sortie : si l’exposition m’a donné envie d’en découvrir plus, je sais que j’y trouverais les ouvrages nécessaires, et que j’aurais le choix entre revues, ouvrages théoriques, catalogues… (soi dit en passant, je vous recommande vivement Bookstorming à côté de la Maison Rouge.).
A la sortie de MuseoGames, j’étais vraiment curieuse de découvrir ce qui allait m’être proposé, d’autant plus que Pix’n Love et les Inrocks faisaient partie des partenaires. J’ai été déçue par le peu d’ouvrages présentés : seulement deux ouvrages des éditions Pix’N love, un hors-série Joypad, et surtout beaucoup d’ouvrages autour des jeux vidéo dans la société, toujours traités sous le même angle.
Un coin réservé aux ouvrages pour enfants proposaient quelques BD Kid Paddle, mais aussi d’autres ouvrages, tous dans une sphère très psychologique, sur l’influence des jeux vidéo et la notion d’addiction. Je ne dis pas que ce débat ne devrait pas être posé, mais quand il devient la seule entrée pour la découverte d’une culture, quelle image peut on avoir de celle-ci ?
No Pasaran, le jeu. Par Christian Lehmann, médecin généraliste.
« Choisissez votre mode de jeu » dit la voix.
Mais il ne s’agissait pas vraiment d’un jeu.
Il s’agissait plutôt d’un passeport pour l’enfer… »

Max est fou de jeu vidéo. Par Dominique de Saint Mars et Serge Bloch.
« Ce petit livre de « Max et Lili » parle des jeux vidéo avec humour et vérité.
Il peut t’aider à en parler, à comprendre qu’il ne faut pas en abuser »

Comprendre l’impact des jeux vidéo :
Potentiels + dangers = Responsabilités nécessaires.
Par Mark Chambler-Dubosson.
Je ne boude pas mon plaisir, j’ai passé un moment nostalgique très agréable, c’est une sortie entre amis que je conseillerais bien évidemment, mais je déplore tout de même ce manque de questionnement. Heureusement, le CNAM se rattrape avec quelques conférences qui auront lieu en Septembre, dont une autour de l’histoire de Nintendo avec Florent Gorges et Daniel Ichbiah, que j’aimerai ne pas rater (le 2 Septembre).
On peut également noter que MuseoGames a beaucoup parié sur l’aspect social du Web : Twitter, Facebook, Netvibes, mais aussi wallpapers, goodies, boutique de tshirts, de badges… Et c’est tout à leur honneur, à l’heure où l’on reproche à de nombreux lieux culturels d’ignorer, voire de mépriser la dimension numérique. Cependant, il me semble que cet aspect doit rester un complément d’une exposition, mais que la base reste tout de même la médiation en direction du public, à travers des visites, certes, mais également des supports écrits que l’on peut emporter ou acheter pour lire à tête reposée, et qui permet de ne pas se couper de tout un pan du public, encore peu familiarisé avec Internet, sans cet aspect, l’exposition demeure une sorte de vitrine, et c’est ce que je regrette, malgré le moment jouissif / nostalgique / régressif que j’ai pu passer.
Au final, MuseoGames offre un véritable paradis pour tout gamer nostalgique qui se respecte, il propose d’exposer le jeu vidéo, de le faire découvrir comme un bien culturel, mais également scientifique et technique, sans pour autant proposer une approche « nouvelle » à ceux qui découvrent à peine cette culture ou aux parents non-gamers, qui auraient pu les amener vers des questions, une approche et un débat différent. Le simple fait de déplacer le jeu vidéo vers le musée est déjà en soi un grand pas, mais peut être aurait-il été plus marquant s’il était mieux accompagné ? Je regrette un peu ce côté expérience « unique » très agréable qui ne nous offre pas les outils pour la prolonger au gré de nos envies et de nos découvertes.
MuseoGames, c’est une histoire à rejouer au Musée des Arts et Métiers, jusqu’au 7.11.2010.
http://www.museogames.com
2ème illustration, copyright Musée des Arts et Métiers.
On peut également noter que MuseoGames a beaucoup parié sur l’aspect social du Web : Twitter, Facebook, Netvibes, mais aussi wallpapers, goodies, boutique de tshirts, de badges… Et c’est tout à leur honneur, à l’heure où l’on reproche à de nombreux lieux culturels d’ignorer, voire de mépriser la dimension numérique. Cependant, il me semble que cet aspect doit rester un complément d’une exposition, mais que la base reste tout de même la médiation en direction du public, à travers des visites, certes, mais également des supports écrits que l’on peut emporter ou acheter pour lire à tête reposée, et qui permet de ne pas se couper de tout un pan du public, encore peu familiarisé avec Internet, sans cet aspect, l’exposition demeure une sorte de vitrine, et c’est ce que je regrette, malgré le moment jouissif / nostalgique / régressif que j’ai pu passer.
Au final, MuseoGames offre un véritable paradis pour tout gamer nostalgique qui se respecte, il propose d’exposer le jeu vidéo, de le faire découvrir comme un bien culturel, mais également scientifique et technique, sans pour autant proposer une approche « nouvelle » à ceux qui découvrent à peine cette culture ou aux parents non-gamers, qui auraient pu les amener vers des questions, une approche et un débat différent. Le simple fait de déplacer le jeu vidéo vers le musée est déjà en soi un grand pas, mais peut être aurait-il été plus marquant s’il était mieux accompagné ? Je regrette un peu ce côté expérience « unique » très agréable qui ne nous offre pas les outils pour la prolonger au gré de nos envies et de nos découvertes.
MuseoGames, c’est une histoire à rejouer au Musée des Arts et Métiers, jusqu’au 7.11.2010.
http://www.museogames.com
2ème illustration, copyright Musée des Arts et Métiers.


7 commentaires
Bonjour, chouette résumé (thx pour les infos sur les conférences du CNAM !). J’aurai jamais réussi à garder mon calme en entendant ce navrant « c’est surtout pour les enfants »…
Est-ce que l’exposition met en avant des jeux en particulier, s’attardant sur leur singularité, leur qualité d’Å“uvre à part entière ? Ou ne fait-elle que survoler le média et sa culture dans son ensemble ?
Petit souvenir, ce « No pasarà n, le jeu », mes parents me l’avaient acheté car, justement, cela traitait selon eux du « danger des Jeux Vidéo qui sont une drogue attassion ». Dans mon souvenir, le livre est plutôt neutre sur la question, et ne dénonce au fond que la fascination malsaine qu’ont certains ados pour la violence, le jeu vidéo n’étant qu’un prétexte.
Vachement efficace comme prévention en tout cas, vu que maintenant les JV, ben ils me font bouffer.
Sympa ce blog sinon, I LIEK IT !
Hey,
Dans mes souvenirs, devant chaque consoles jouables il y a deux cartels : l’un décrivant la console, ses particularités et l’époque a laquelle elle a été réalisée. L’autre cartel s’axe sur le jeu proposé, mais c’est surtout technique, avec un schéma qui explique comment jouer, et quelques petites infos.
(Du moins, dans mes souvenirs, c’est ça.)
Super comme d’hab’ !
Je pense que j’emmènerai mon frère cet été, ça peut nous faire une sortie sympa pour tous les deux… C’est vrai que c’est dommage qu’ils n’aient pas fait de catalogue, mais bon si c’est la crise pour eux comme pour nous…gloups ! Nous n’avons plus que 40000€ de budget d’expo depuis cette année, et faire un catalogue nous coûte 10000€, ça pique !! Donc je peux te dire qu’on en fait pas souvent, ou alors des documents imprimés par nos soin, en tout cas moi c’est ce que je fais pour les jeunes, des fiches de salle photocopiées…. MAIS ON A SUREMENT PAS LE MÊME BUDGET QUE LE MUSÉE DES ARTS ET MÉTIERS !!!!
Bisoussss
Pour les catalogues, tu as essayé de demander une subvention au CNAP ? J’ai fait le dossier la semaine dernière pour un catalogue d’expo, ils peuvent aider pas mal.
(Mais sinon perso, j’adore les trucs faits de bric et de broc avec des photocopies.)
Chouette! t’es le seul article que je lis à ce sujet je ne veux pas non plus trop en savoir sur l’expo avant de la voir!
Je pense y aller en juillet voire en septembre au pire! bref j’ai hâte de me faire ma propre idée :)
Oui t’inquiètes on gére niveau subvention !! Et le CNAP nous subventionne surtout les achats d’oeurvres (à 50% en général, avant c’etait 80% apparement c’est la crise !!!!) Mais bon sinon on se débrouille autrement. Genre pour une expo sur Denis Nonna (art contemporain aborigène) on essaie de se faire payer le catalogue par l’australie! héhé
Billet tres intéressant, pour ma part je n’ai pas eu l’occasion de visiter ce « musée ». Mais ce résumé donne envie de le découvrir.
Merci d’avoir cité mon livre. L’avez-vous lu?
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[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Moossye. Moossye a dit: [BLOG] Revue de l'expo MUSEO GAMES http://bit.ly/b2LLQy (cc @Maxxxpod @Nalexa @Aratta @monsieurzac et @Karo) [...]
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