Nuit du 29 au 30. Impossible de dormir.
Malgré la fraicheur de la chambre, le confort du lit et de son épais matelas… Malgré la menace du réveil à 5h du matin, malgré la fatigue de la journée… Impossible de fermer l’Å“il.
La phobie de l’avion, un peu, bien que cela me semble moins terrible qu’avant. La peur de ne pas entendre le réveil, aussi. Mais surtout une impression étrange et désagréable, qu’une fois la sonnerie du réveil enclenchée, tout sera terminé.
5h30, Kana chante papichan a plein poumons pour nous réveiller nous, et tout le 3ème étage…
6h, du soleil et pas loin de 35°, nous attaquons notre périple jusqu’à la gare Keisei de Ueno… Le chemin qui, hier, nous avait pris 10 minutes nous prendra aujourd’hui près de 40 minutes. Il fait chaud, nous sommes en eau, le soleil tape, mais je profite quand même des derniers moments de cette chaleur humide qui nous a enveloppées pendant 50 jours.
Au guichet, l’employé semble bien décidé à me vendre un billet pour le Skyliner, mais après quelques refus, je réussis enfin à avoir le billet que je désire : le Cityliner de 7h, 1920 yens l’aller.
Une fois bien installée, le train part… Avec une minute d’avance. Prochaine station : Nishi Nippori, d’où le train repart… avec 3 minutes d’avance ! Le trajet est tout en extérieur pendant près d’une heure et demie, s’offrent à nous Tokyo, sa banlieue, les campagnes environnantes, la ville de Narita…
Je profite des dernières images du Japon. Les passages que le train bloque sur son passage sont bondés de salary men à vélo qui partent travailler… Il y a parfois la queue jusqu’au bout des ruelles. Puis vient les rivières, la campagnes, les champs… Et toujours cette nature qu’on laisse grandir plus facilement qu’en France. Autour du train, de gros arbustes touffus ont commencé à envahir les barrière, les branches grimpent sur les poteaux…
Narital Terminal 1, terminus.
Dès le quai du train, les petits chariots pour porter les valises nous attendent, nous n’avons que quelques mètres à faire avant de pouvoir enfin poser tous nos sacs, et c’est un réel soulagement. L’enregistrement s’est bien déroulé, à nous deux nous avions 42,9kg de valises, mais aucun supplément ne nous a été appliqué…
En attendant l’embarquement, nous profitons encore un peu des boutiques : kit kat macha & sakura, gâteaux à la crème de patate douce, et autres friandises en tout genre… Nous faisons un détour au Mc Donalds pour petit déjeuner des « Petits Pancakes » et leur sauce « Apple & Cream », qui nous avaient déjà apporté un peu de réconfort à notre arrivée à Kyoto…
Vient l’heure d’embarquer. 11h40, notre avion décolle.
Phobique de l’avion, et encore plus du décollage, je ne supporte pas ce moment… Mais Cathy commence à bien me connaitre et me trouve une occupation : répéter dans l’ordre toutes les stations de la Shinjuku Line, puis celles de la Yamanote, puis tous les plats que nous avons goûtés… Shinjuku, Shinjuku Sanchome, Akebonobashi, Ichigaya, Kudanshita, Jimbochô… Au fur et à mesure je sens les larmes s’accumuler au bord de mes yeux, en réalisant tout ce que je quitte…
Le vol se passe… Turbulences assez importantes en entrant en Russie, mais le reste se déroule plutôt bien, et les repas nous offrent un dernier petit goût de Japon : sushis, riz, onigiris au saumon…
Arrivées à Copenhague, c’est le choc. Il pleut, il fait gris, je meurs de froid… Et il y a des occidentaux partout. Comme d’habitude, on demande à fouiller mon sac, à sortir tous les objets un par un… Mais l’employée qui s’en est chargée était vraiment adorable, me demandant de traduire des mots en Français pour les apprendre… Et moi, cherchant mon vocabulaire, incapable de sortir le moindre mot en Français…
Mon premier traumatisme, c’est l’achat d’une bouteille de thé au Seven Eleven de l’aéroport.
Au Japon, on donne et on reçoit à deux mains. Ce qui fait que, même dans le plus petit conbinis, le plus discount, où tu n’achètes qu’un seul objet à 105 yens, on prendra toujours le temps et le soin de te donner ton ticket de caisse à deux mains en s’inclinant, et tu prendras le temps de le recevoir, en remerciant le commerçant.
A Copenhague donc, « Do you want the receipt ? », « Hai », dit elle en inclinant la tête. (Le oui et le yes restent à réapprendre).
Le caissier le déchire violemment, le plie en deux, le claque contre le comptoir avec la paume de la main, et le lance vers moi… Il y a deux mois, j’aurais trouvé ce geste normal, juste un peu « stressé ». Aujourd’hui, je me suis sentie totalement étrangère à cette manière de faire.
Nous reprenons vite notre deuxième avion, où l’ambiance est déjà bien différente, et où les coups de coudes pleuvent… Le vol passe vite, à peine une heure et demie, que j’aurais tout de même passée en sweat shirt, avec la capuche, à trembler tant l’air me paraissait froid. (il faut vous dire qu’au Japon, dans notre chambre avec la clim à 27 degrés, j’étais déjà blottie sous la couette.)
L’arrivée à Paris constitue le deuxième choc. Déjà , il nous aura fallu trainer nos sacs pendant 10 minutes de marche avant de trouver des toilettes… Qui, tout comme le reste de l’aéroport, vous font directement regretter le Japon et sa propreté légendaire.
Heureusement, tout va très vite, les valises arrivent à bon port et en bon état, et aucun autre contrôle nous attend, pas un seul contrôle de passeport, pas même un agent de la douane. Soulagement.
Seb est là , juste à la sortie, déjà son EOS à la main, prêt à saisir les premières images du retour… C’est bon de voir enfin un visage qui vous inspire un peu de bonheur…
Nous reprenons le RER. Attendons 10min. Puis vient une annonce qui ne m’avait pas manquée « Mesdames et Messieurs, suite à un incident technique »… Au bout d’un long moment, nous pouvons enfin monter dans un train qui amènera jusque St Michel. Petit choc qui m’a arraché un sourire : je ne suis plus si grande désormais… Moi qui avais pris l’habitude de faire partie des plus grands, je me sens ridiculement petite…
Station Emile Zola. Rue du commerce. En plus de mon sweat shirt, j’enfile aussi celui que Seb m’a ramené… Et je meurs toujours de froid, maudissant le vent et la température… Je suis impatiente de pouvoir me réchauffer un peu…
Tadaima… Même si Akebonobashi était devenu ma maison…
Sayonara Tokyo, prend bien soin de toi…
Malgré la fraicheur de la chambre, le confort du lit et de son épais matelas… Malgré la menace du réveil à 5h du matin, malgré la fatigue de la journée… Impossible de fermer l’Å“il.
La phobie de l’avion, un peu, bien que cela me semble moins terrible qu’avant. La peur de ne pas entendre le réveil, aussi. Mais surtout une impression étrange et désagréable, qu’une fois la sonnerie du réveil enclenchée, tout sera terminé.
5h30, Kana chante papichan a plein poumons pour nous réveiller nous, et tout le 3ème étage…
6h, du soleil et pas loin de 35°, nous attaquons notre périple jusqu’à la gare Keisei de Ueno… Le chemin qui, hier, nous avait pris 10 minutes nous prendra aujourd’hui près de 40 minutes. Il fait chaud, nous sommes en eau, le soleil tape, mais je profite quand même des derniers moments de cette chaleur humide qui nous a enveloppées pendant 50 jours.
Au guichet, l’employé semble bien décidé à me vendre un billet pour le Skyliner, mais après quelques refus, je réussis enfin à avoir le billet que je désire : le Cityliner de 7h, 1920 yens l’aller.
Une fois bien installée, le train part… Avec une minute d’avance. Prochaine station : Nishi Nippori, d’où le train repart… avec 3 minutes d’avance ! Le trajet est tout en extérieur pendant près d’une heure et demie, s’offrent à nous Tokyo, sa banlieue, les campagnes environnantes, la ville de Narita…
Je profite des dernières images du Japon. Les passages que le train bloque sur son passage sont bondés de salary men à vélo qui partent travailler… Il y a parfois la queue jusqu’au bout des ruelles. Puis vient les rivières, la campagnes, les champs… Et toujours cette nature qu’on laisse grandir plus facilement qu’en France. Autour du train, de gros arbustes touffus ont commencé à envahir les barrière, les branches grimpent sur les poteaux…
Narital Terminal 1, terminus.
Dès le quai du train, les petits chariots pour porter les valises nous attendent, nous n’avons que quelques mètres à faire avant de pouvoir enfin poser tous nos sacs, et c’est un réel soulagement. L’enregistrement s’est bien déroulé, à nous deux nous avions 42,9kg de valises, mais aucun supplément ne nous a été appliqué…
En attendant l’embarquement, nous profitons encore un peu des boutiques : kit kat macha & sakura, gâteaux à la crème de patate douce, et autres friandises en tout genre… Nous faisons un détour au Mc Donalds pour petit déjeuner des « Petits Pancakes » et leur sauce « Apple & Cream », qui nous avaient déjà apporté un peu de réconfort à notre arrivée à Kyoto…
Vient l’heure d’embarquer. 11h40, notre avion décolle.
Phobique de l’avion, et encore plus du décollage, je ne supporte pas ce moment… Mais Cathy commence à bien me connaitre et me trouve une occupation : répéter dans l’ordre toutes les stations de la Shinjuku Line, puis celles de la Yamanote, puis tous les plats que nous avons goûtés… Shinjuku, Shinjuku Sanchome, Akebonobashi, Ichigaya, Kudanshita, Jimbochô… Au fur et à mesure je sens les larmes s’accumuler au bord de mes yeux, en réalisant tout ce que je quitte…
Le vol se passe… Turbulences assez importantes en entrant en Russie, mais le reste se déroule plutôt bien, et les repas nous offrent un dernier petit goût de Japon : sushis, riz, onigiris au saumon…
Arrivées à Copenhague, c’est le choc. Il pleut, il fait gris, je meurs de froid… Et il y a des occidentaux partout. Comme d’habitude, on demande à fouiller mon sac, à sortir tous les objets un par un… Mais l’employée qui s’en est chargée était vraiment adorable, me demandant de traduire des mots en Français pour les apprendre… Et moi, cherchant mon vocabulaire, incapable de sortir le moindre mot en Français…
Mon premier traumatisme, c’est l’achat d’une bouteille de thé au Seven Eleven de l’aéroport.
Au Japon, on donne et on reçoit à deux mains. Ce qui fait que, même dans le plus petit conbinis, le plus discount, où tu n’achètes qu’un seul objet à 105 yens, on prendra toujours le temps et le soin de te donner ton ticket de caisse à deux mains en s’inclinant, et tu prendras le temps de le recevoir, en remerciant le commerçant.
A Copenhague donc, « Do you want the receipt ? », « Hai », dit elle en inclinant la tête. (Le oui et le yes restent à réapprendre).
Le caissier le déchire violemment, le plie en deux, le claque contre le comptoir avec la paume de la main, et le lance vers moi… Il y a deux mois, j’aurais trouvé ce geste normal, juste un peu « stressé ». Aujourd’hui, je me suis sentie totalement étrangère à cette manière de faire.
Nous reprenons vite notre deuxième avion, où l’ambiance est déjà bien différente, et où les coups de coudes pleuvent… Le vol passe vite, à peine une heure et demie, que j’aurais tout de même passée en sweat shirt, avec la capuche, à trembler tant l’air me paraissait froid. (il faut vous dire qu’au Japon, dans notre chambre avec la clim à 27 degrés, j’étais déjà blottie sous la couette.)
L’arrivée à Paris constitue le deuxième choc. Déjà , il nous aura fallu trainer nos sacs pendant 10 minutes de marche avant de trouver des toilettes… Qui, tout comme le reste de l’aéroport, vous font directement regretter le Japon et sa propreté légendaire.
Heureusement, tout va très vite, les valises arrivent à bon port et en bon état, et aucun autre contrôle nous attend, pas un seul contrôle de passeport, pas même un agent de la douane. Soulagement.
Seb est là , juste à la sortie, déjà son EOS à la main, prêt à saisir les premières images du retour… C’est bon de voir enfin un visage qui vous inspire un peu de bonheur…
Nous reprenons le RER. Attendons 10min. Puis vient une annonce qui ne m’avait pas manquée « Mesdames et Messieurs, suite à un incident technique »… Au bout d’un long moment, nous pouvons enfin monter dans un train qui amènera jusque St Michel. Petit choc qui m’a arraché un sourire : je ne suis plus si grande désormais… Moi qui avais pris l’habitude de faire partie des plus grands, je me sens ridiculement petite…
Station Emile Zola. Rue du commerce. En plus de mon sweat shirt, j’enfile aussi celui que Seb m’a ramené… Et je meurs toujours de froid, maudissant le vent et la température… Je suis impatiente de pouvoir me réchauffer un peu…
Tadaima… Même si Akebonobashi était devenu ma maison…
Sayonara Tokyo, prend bien soin de toi…


6 commentaires
Tu soules, j’avais pas pleuré aujourd’hui ! :(
On savait que le film se terminait comme ça mais n’empêche moi aussi je suis triste maintenant! T_T.
Ne jamais dire adieu, dire au revoir après tout qui sait de quoi demain sera fait?
Chère Moossye,
Quel magnifique article tu viens de nous offrir!
Il y a deux ans, quand je suis revenue de vacances au Japon, j’ai ressenti exactement la même tristesse que toi. Je pense que c’est le pays qui veut ça!
Il y a un dicton qui dit « Au Japon, on pleure deux fois : à l’arrivée où on a tellement de mal à s’habituer… et à la fin car on ne veut surtout pas le quitter. »
Bien à toi,
Sophie.
C’est marrant, je connais le proverbe surtout pour le Nord de la France ^^… Mais ça s’applique bien au Japon également… Par contre j’ai pleuré en arrivant à cause du taudis où l’on était censée vivre, mais je n’ai eu aucun de mal à m’habituer… C’est ça que j’ai trouvé fou, dès le lendemain, on se croyait chez nous !
Moi, il y a une chose qui m’a beaucoup surpris : j’ai toujours entendu que les japonais étaient très distants. Et bah à notre arrivée à l’aéroport d’Osaka, on était complètement paumé pour acheter notre ticket pour relier le centre ville (les machines n’avaient pas l’option « english » LOL)… et bah y’a une petite vieille qui est venue nous voir pour nous aider.
J’étais bluffée!
Okaeri Moossye-San!
Ne t’inquiètes pas, je veille sur Tokyo encore deux semaines, ensuite je serai obligé de retourner dans mon Kansai chéri, désolé…
@Sophie, le côté « distant » des Japonais s’explique par un nombre très élevé de facteurs. Mais ils ne le sont pas du tout (en tout cas pas pour venir en aide à un étranger). De plus, Osaka, n’est pas l’endroit le plus froid du monde, le Kansai, c’est le Kansai…et même si je me sens pas si mal à Tokyo…Osaka, c’est mieux :p
Moosye, bon courage pour l’acclimatation (hier 36 degrès à Yoyogi parc…)