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Des game designers indés, en résidence artistique, dans une scène nationale



 

Il y a un an, je vous parlais de l’exposition « Arcade ! Jeux vidéo ou Pop Art ?« , pour laquelle je suis commissaire adjointe (a.k.a Lieutenant Coville). Co-produite par deux scènes nationales (le Théâtre de l’Agora à Evry et le Lux° de Valence), l’exposition propose 6 jeux vidéo de moins de 10 ans, pour la plupart issu de la scène indépendante. Il était donc possible de jouer à Space Giraffe, Osmos, Audiosurf, Geometry Wars, Super Laser Racer ou encore REZ sur des bornes d’arcade construites pour l’occasion, projetant le jeu sur le mur, sur des écrans de plusieurs mètres. La tournée de cette exposition va d’ailleurs bientôt se poursuivre.

Ce mois-ci, au Théâtre de l’Agora, débute une résidence artistique très particulière, puisque ce n’est pas un plasticien ou un vidéaste qui est invité, mais un collectif de game designers indépendants, les One Life Remains, lauréats du premier Art Game Week End **. De plus, la résidence ne se déroule pas dans un centre d’art réservé à l’image, mais dans une scène nationale qui mélange arts visuels et spectacle vivant.
J’en ai donc profité pour poser quelques questions à Nicolas Rosette, commissaire de l’exposition Arcade, conseiller arts numériques au Théâtre de l’Agora, qui m’avait fait découvrir les One Life Remains l’année dernière.

 

Quelle est la genèse de ce projet ?

Cette résidence au Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry, s’inscrit dans la continuité de la démarche initiée la saison dernière avec la production de l’exposition Arcade ! Jeux vidéo ou Pop art ? Dans cette dernière les questions de l’art mais aussi de la position du joueur par rapport à « l’œuvre » étaient posées dans un dispositif faisant la part belle à la présence du corps dans l’interaction avec les jeux. Pour accompagner ces questions nous avions d’ailleurs organisé une journée d’étude le 23 novembre 2010, durant laquelle le collectif One Life Remains avait été invité à venir présenter sa démarche, et le jeu Génération(s) qui avait remporté le 1er prix lors d’un Art Game Week End. Cette journée s’était d’ailleurs terminée par un moment particulier puisque pour répondre par un cas concret à la question « le jeu vidéo peut-il relever du spectacle vivant ? » une partie du jeu REZ avait été « interprétée » par un performer assis au milieu des spectateurs dans la grande salle du Théâtre de l’Agora. L’étape suivante était, assez logiquement, d’accueillir en résidence au théâtre des créateurs de jeux vidéo (nous avons une galerie dédiée aux arts numériques) pour la réalisation et l’exposition de projets artistiques.

 

Comment s’est fait la rencontre avec le collectif One Life Remains ?

J’ai rencontré la première fois Brice Roy lors d’une réunion de l’OMNSH et nous avons rapidement échangé à bâtons rompus sur la démarche d’OLR. Les liens tissés avec ce collectif et les échanges autour de leur démarche ont rendu le choix évident. Ils ont relevé l’invitation avec plaisir et nous avons construit un projet de résidence sur 3 axes : l’exploration de la question du dedicated device (ou « dispositif dédié ») à travers la création d’installations interactives d’art numérique (qui a dit « jeux vidéo » ?), le rapport au territoire d’Evry – ou comment le lieu de résidence influence l’artiste ? – et enfin une recherche sur les liens entre JV et spectacle vivant. Ce dernier point est important car il cherche à explorer de nouvelles pistes, de croiser des cultures (le jeu vidéo indie et la création contemporaine en spectacle vivant) qui se connaissent finalement très peu. La rencontre avec d’autres artistes en résidence (comme par exemple La où, Cie de marionnette contemporaine) est aussi très importante dans ce cadre car c’est une opportunité d’échanger dans des moments où les choses sont « en train de se faire », c’est-à-dire durant les phases de création et de production des œuvres et des spectacles. Dans le monde des sciences sociales on dirait que nous sommes en train de faire une « recherche-action ». C’est très important pour nous au Théâtre de l’Agora de se saisir ainsi du jeu vidéo, en le prenant comme un matériau artistique légitime, avec ses codes et ses créateurs, mais aussi avec un fort potentiel transdisciplinaire.

Nous ne savons pas ce qui va ressortir de cette recherche. Peut-être rien. Ou pas. Peut-être une révolution artistique. Ou pas. Peut-être, et sûrement d’ailleurs, quelque chose à laquelle nous n’avons pas pensé et que nous ne pourrons pas voir si nous nous faisons une idée préconçue d’un éventuel résultat.

 

Quels sont les projets en cours ? Y aura-t-il des rencontres avec le public ?

De manière très concrète, les OLR vont produire trois nouvelles œuvres. La première est une mise en espace et en installation d’une création intitulée And The Rhino Says qu’il sera bientôt possible d’essayer sur leur site web. Cette œuvre est assez identifiable comme étant un jeu vidéo et se présente comme une passerelle entre art et JV. Les deux autres seront plus expérimentales et traiteront plus ou moins directement de la question du territoire (et de la carte, et de comment l’un peut influencer l’autre, mais pas forcément dans le sens où on l’imagine). Ces créations seront présentées durant les 3 expositions de la galerie du théâtre. Elles seront prétextes à diverses rencontres et échanges avec le public et feront peut être l’objet de workshops avec des étudiants en art et en technologies. Deux autres rendez-vous durant la saison aborderont la notion de « jeu d’auteur » à travers deux mini-expositions de jeux vidéo indies. La première fin novembre (du 22 au 26/11) présentera une sélection des jeux créés par le collectif. La deuxième sera une petite sélection de pépites indies proposée par OLR et sera présentée du 7 au 11 février 2012, toujours au Théâtre de l’Agora. Ce sera l’opportunité pour créer d’autres rendez-vous et débats sur la notion de jeu d’auteur et sur les liens possible entre game design et mise en scène.

A l’issue de la résidence les œuvres d’OLR créées durant la saison seront amenées à être présentées dans diverses expositions d’art numérique et le collectif sera peut-être intéressé à continuer d’explorer les questions de mise en scène à travers divers projets d’installation, voire de spectacle vivant. Du côté du Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de Lux, scène nationale de Valence nous réfléchissons déjà à valoriser cette réflexion sur le jeu d’auteur en préparant une nouvelle exposition itinérante, mais chut… Ce sera pour plus tard.

 

J’ajoute que demain soir à 18h30 aura lieu le vernissage de l’exposition « Déconstruction« , une collaboration entre l’artiste Olivier Ratsi (Anti VJ) et One Life Remains. L’exposition durera jusqu’au 17 décembre 2011.

Et pour plus d’informations, n’hésitez pas contacter Nicolas ou à me contacter. ;)

 
** Lors du premier artgame week end, c’était en tant qu’individus, q’André et Brice se sont présentés. Ils y ont rencontré Franck et Kevin qui ont intégré le collectif quelques mois après, c’est à ce moment là que Générations a été repris comme projet One Life Remains.

 

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