Day & Night 39 : Iidabashi, Koishikawa Korakuen & Shimokita.


Depuis le début du séjour, j’avais en tête de visiter le jardin Koishikawa Korakuen, situé à quelques centaines de mètres de la station Iidabashi… C’est un jardin qui date de 1629, tout prêt du Tokyo Dome, ce qui vous offre une vue assez particulière, qui mêle verdure, arbre… et grand huit.

L’entrée ne coûte que 300 yens, et, oh surprise, la brochure est traduite en Français ! Le parc est vraiment agréable en toute saison, avec sa rizière, son champ de lotus et d’iris, son étang de nénuphars…













A 18h30, rendez vous à Shimokita pour qu’Amélie, notre amie française expatriée à Tokyo nous présente ses amies japonaises. Arrivées en avance, nous en profitons pour tester une nouveau purikura, que nous avons vraiment apprécié…



Avant de débuter la soirée, nous passons par un magasins où nous nous devons d’acheter le badge qui se trouve à la caisse.



I love Shimokita.


Après avoir retrouvé Amélie, nous parcourons les rues de Shimokita où différentes animations se mettent en place… Un japonais joue de la guitare avec un gaijin qui l’accompagne avec une sorte de xylophone, un japonais apparemment connu dans le quartier, cheveux longs, ébouriffés et tabi au pied, propose aux passants de leur lire et de leur jouer des scènes de mangas, la spectacle est vraiment génial.
La soirée commence donc avec Amélie et l’un de ses patrons, Patrick, qui a grandit à Okinawa, Kae, une amie japonaise d’Amélie nous rejoint rapidement dans ce petit izakaya très sympathique, où nous sommes assis très bas autour d’une table, à la japonaise, mais le sol sous nos pieds est beaucoup plus bas que le reste, et recouvert d’un épais tapis, ce qui permet de tenir nos jambes comme si nous étions sur une chaise. L’apéritif offert par l’izakaya se compose d’un grand plat de choux cru, que vous pouvez tremper dans du miso ou de la vinaigrette au citron… Cathy et moi finissons très rapidement le plat tant les fruits et les légumes nous manquent ici (une tomate, 105 yens. Une pêche, 900 yens.)… Nous racontons cette anecdote à nos hôtes, qui commandent illico un plat composé de légumes crus à tremper dans la même sauce : concombre, poivron, aubergine, mais, tomate, carotte… un régal ! J’en profite aussi pour gouter une préparation à base d’ail et de poulpe… décidément, j’aime tout ici, jusqu’à la soupe aux algues qui nous est servie avant notre départ…. Je finis même par piquer celle de ma voisine.
Lorsque nous partons, nos chaussures nous attendent déjà dans le hall d’entrée, bien alignées et prêtes à être enfilées, tandis que les serveuse nous offrent un petit galet parfumé pour le bain (je suis un peu frustrée, j’ai réussi à en trouver un au lilas… Mais je n’ai pas de baignoire.).

Direction un petit bar non loin d’ici, toujours en plein cÅ“ur de Shimokita, où Madoka, une amie d’Amélie originaire d’Osaka, nous rejoint. Je suis fière de ma petite personne, car j’ai réussi à entrer toutes mes coordonnées dans un téléphone japonais (puis j’ai réussi à déclencher de grand sourires en montrant des photos de cochon d’inde et de chat. Les photos d’animaux, ça me donne tout de suite un potentiel sympathique beaucoup plus élevé !). Après une petite heure de discussion anglo-franco-japonaises, nous laissons Patrick avec d’autres invités, et nous repartons en bande vers le game center avec une obsession : les purikuras !
A deux, c’est déjà amusant, mais nous voulions tester ces cabines avec un peu plus de monde, et surtout, avec une pro des purikuras, Madoka.



Après cette petite séance, il est temps de dire bonne nuit à Kae, pour nous diriger ensuite vers le karaoke… Où nous sommes restées jusque 2h du matin. Dans la soirée, nous avons pu faire la connaissance du copain de Madoka, et ce fut épique ! Laissez moi placer le décor : son boyfriend est donc un salary man, qui part au boulot tous les matins à 6h à Yokohama, et ne rentre qu’aux alentours de minuit. Lorsqu’il entre dans notre petite salle de karaoke, on nous le présente très rapidement, le temps que Madoka programme une chanson qui lui est réservée : il s’assoit et saisi le micro, pour partir dans un rock totalement déchainé, en chantant le plus fort possible. Le temps de nous remettre de cette surprise, la chanson est déjà terminée, et notre show-man est déjà debout en train de nous dire au revoir en emportant Madoka avec lui. Une rencontre rapide, mais pleine de souvenirs !

Après encore une heure de Queen, Lady Gaga, Black Eyed Peas et Britney Spears, il est temps de rentrer au bercail… En taxi !
Ah, les taxi japonais… Bon, je ne suis pas experte en taxi parisien, mais il me semble que le taxi nippon coûte une petite fortune si je le compare aux trajets effectués à Paris à la même heure et pour le même temps. Mais quand même. Les voitures sont climatisées, elles sont parfumées, les dossiers sont recouverts d’un tissu blanc imitation dentelle, le chauffeur a des gants blancs et les portes s’ouvrent toutes seules… Et quel bonheur de traverser les rues illuminées de Shinjuku, blottie bien au frais dans son siège…

Bonne nuit Tokyo…

 
Par Moossye

Day 38 : Hakone, Lac Ashi, Owakudani.


Le réveil sonne tôt aujourd’hui, et il y a une raison bien particulière : on part en vadrouille pour la journée !
Aujourd’hui, nous nous rendons donc à Hakone, une ville en plein milieu des montages, à 1h30 de Tokyo, connue pour son Lac et la vue qu’il offre sur le Fujisan par beau temps.

Dès 8h, nous faisons la queue à Shinjuku pour acheter notre Hakone Free Pass. Pour 5000 yens, vous obtenez un pass valable deux jours qui vous offre un aller retour Shinjuku / Odawara, puis la gratuité sur le réseau Hazone Tozan, c’est à dire, les bus, les trains de montagne, les téléphériques, les cabines téléphériques, et les bateaux de croisière.

Après une heure et demie de train jusqu’à Odawara, nous continuons notre périple en train jusqu’à Hakone Yumoto, où nous prenons un le Hakone Tozan Train, un petit train rouge de 3 wagons, qui va nous mener jusqu’à Gora, via un passage à flanc de montagne, avec différents « switchbacks » (le train repart en arrière pour enmprunter un autre chemin, ce qui évite un virage en épingle).
Lorsque nous arrivons à Gora, qui se trouve déjà à plus de 500 mètres d’altitude, il est déjà midi, nous décidons donc de nous poser un peu et trouvons un dessert parfait : une glace aux hortensias ! A l’image de l’odeur de la fleur, le parfum de cette glace toute mauve est très léger, mais cela reste très bon.

Ensuite, c’est le premier voyage en téléphérique, jusque Sounzan ! C’est un gros téléphérique de trois wagons, qui transporte beaucoup de touristes à la fois, la vue n’est pas époustouflante, mais, une fois en haut, nous empruntons un autre téléphérique, fait de petites cabines (18 personnes max), qui va nous emmener à 1000 mètres d’altitude…



Arrêt Owakudani ! On y trouve une carrière de souffre, ainsi qu’un chemin parsemé de fumerolles et de sources bouillonnant à 80 degrés… Un panneau indique aux asthmatiques et bronches fragiles que la visite est déconseillée… J’avance donc prudemment, et, en haut de la colline, comprend tout à coup la mise en garde : dès que le vent vous envoie une bouffée de souffre, l’air est irrespirable… Je reste donc loin des fumerolles, profitant plutôt de la vue que nous offre l’altitude.





On peut aussi acheter de curieux Black Eggs (500 yens les 5), des Å“ufs durs, cuits dans la vapeur des puits de souffre, qui portent ce nom à cause de la couleur noire de leur coquille (l’intérieur reste le même). Il parait que ces Å“ufs auraient certaines vertus, mais très sincèrement, après avoir senti le souffre pendant une seconde, je n’avais pas envie de tester ces petits Å“ufs… Mais je vous laisse tout de même découvrir le téléphérique à Å“ufs, qui va des puits de souffre aux boutiques un peu plus bas…



Nous reprenons un autre téléphérique, qui nous fait redescendre de l’autre côté de la montagne, à 700 mètres d’altitude, au niveau du Lac Ashi (arrêt Togendai), lac de plus de 20 kilomètres de long…



Et cette fois, nous embarquons avec les pirates !



La croisière dure une quarantaine de minutes jusqu’au terminus, et la balade est bien agréable, même en economy class… C’est d’ailleurs à bord de notre bateau pirate que nous croisons enfin le gigantesque Tori, qui, les pieds dans l’eau, indique la présence du temple Hakone un peu plus haut dans la montagne.



Nous descendons donc à Moto Hakone, tout près du Tori, pour une petite balade en bord de lac…





Première tentative d’approche du Tori : le pédalo ! Après tout, à Ueno, nous en avons déjà fait, et c’était très tranquille très agréable… Mais ici, cela se corse : tout d’abord on nous met en garde : il ne faut pas dépasser le tori (le lac fait 20 km de long, rappelez vous), car cela peut être dangereux. Nous embarquons donc dans un de ces fameux pédalos à tête de cygne, mais ils sont bien plus vétustes que ceux du parc de Ueno… A mi chemin, je prends quelques photos, et tente un demi tour pour que Cathy puisse à son tour profiter de la vue : je braque à gauche et… le pédalo continue à tourner vers la droite.
La bête m’a fait plusieurs fois le coup, sans parler du fait que nous pédalions à moitié dans le vide, que des bateaux de croisières arrivaient dans le couloir juste à côté… Et pour couronner le tout, des remous faisaient tanguer le pédalo de manière assez inquiétante… Assez déçues, nous rebroussons donc chemin au bout de quinze minutes de conduite chaotique…

Tant pis, nous irons à sa rencontre par les terres ! Direction l’entrée de la forêt, où se situe le temple Hakone…







Et en haut…





En redescendant, nous tombons directement sur le fameux tori, où un couple profite déjà de la vue pour faire quelques photos…



Nous attendons qu’ils finissent en restant bien sages pour ne pas les déranger… Ensuite, à nous la vue sur le lac Ashi…





Le dernier bus « rapide » (1h) pour Odawara étant à 17h35, nous nous rapprochons rapidement de la station, profitant tout de même du soleil qui se couche et de la brume qui se lève sur le lac où tout est devenu calme…











 
Par Moossye

Day 37 : Tokyo, j’t'ai dans la peau.

Aujourd’hui, est une journée un peu particulière puisque nous allons rencontrer pour la première fois notre tatoueur.

Bon, il faut que je revienne en arrière.
Je connais Cathy depuis presque un an, et j’avais déjà remarqué son tatouage. Lors d’un discussion, elle m’a dit l’avoir fait lors de son voyage au Chili… Je trouvais la symbolique vraiment belle, tout en restant persuadée que le tatouage n’était pas pour moi, ayant souvent trouvé cela joli sans jamais ressentir le moindre besoin de le faire.
Depuis notre arrivée, on parle tatouage, puisque ma comparse n’envisage pas repartir d’ici sans un nouveau dessin. On papote, je l’aide à trouver des modèle, tout en restant extérieur à ça…
Et les jours passent. Arrive la moitié du voyage, le départ qui se rapproche, la course aux souvenirs, la recherche « du » souvenir, celui qui te renvoie automatiquement une ribambelle d’images et te refais vivre des morceaux de voyage…
Je me rappelle alors de mon voyage en Turquie quand j’étais aux Beaux Arts. Nous étions 6 et un professeur, lâchés dans Istanbul, à découvrir la ville et la biennale d’art contemporain pendant une semaine. Une ville magnifique, un voyage qui m’a enchantée. Et puis, après les premiers pleurs arrivée à Cambrai, les souvenirs se dissipent au bout de quelques mois, et, la petite routine de la vie quotidienne agissant, on fini par ressentir un certain recul par rapport au voyage, comme s’il avait été fait dans une autre vie, à une autre époque, par une autre personne…
C’est dans cet état d’esprit que j’ai commencé à penser au tatouage, avec une véritable histoire derrière la petite décoration, quelque chose qui te chuchote « oui tu y étais », à chaque fois que tu poses les yeux dessus… Et puis, je suis tombée amoureuse d’un motif, avec 5 petits oiseaux… A partir de ce moment là, c’est devenu un réel besoin, de s’inscrire Tokyo dans la peau avec mes petits oiseaux.

C’est donc avec Cathy, ses dictionnaires et mes photomontages que nous avons rencontré Okayama-san, du studio Sunsqlit, à Ueno. Un jeune japonais tout en tatouage, adorable et très à l’écoute, avec qui nous avons communiqué en anglais, en japonais… Et qui finissait par écrire ce qu’il pensait sur le traducteur de Yahoo, hésitant sur la formulation, effaçant des phrases entières, rédigeant d’une autre manière, avant de tout traduire en anglais pour être sur que nous comprenions tout.
Après avoir redessiné mes oiseaux et m’avoir demandé plusieurs fois, à chaque étape, si tout me convenait, nous sommes donc passé au tatouage, pendant une petite vingtaine de minutes.

Depuis, j’ai le sourire dès que je croise mon poignet (sous cellophane pour les dix prochains jours.).
Cela devenait vraiment un besoin d’avoir quelque chose de Tokyo « Ã  vie », même si les souvenirs de ce voyage ne s’effaceront jamais complétement, j’avais vraiment besoin d’autre chose, tant la ville va me manquer, et tant on s’y sent chez soi, bien, au calme malgré l’agitation… Même la chaleur du soir nous berce… Dans le métro, sur la Ginza Line, j’avais presque les larmes aux yeux, juste à cause de ce bien être que je ressens à chaque instant dans cette ville…
Bien sur je n’oublierais pas Tokyo, mais lorsque je poserais les yeux sur mes petits oiseaux, je me souviendrais des étoiles que j’avais dans le regard quand j’étais à 10 000 kilomètres de la tour Eiffel…

Tokyo, j’t'ai dans la peau.

 
Par Moossye
Pages: Précedente 1 2 3 4 5 6 7 8 ...106 107 Suivante