Lors de mes 2 premières années aux beaux arts, j’ai eu l’occasion de pratiquer le dessin.
Je n’ai jamais été très douée, et les premiers mois ont été une véritable torture.
Puis j’ai appris à jouer avec de nouveaux outils.
Cependant, j’ai toujours eu du mal à rester 4 ou 5h d’affilée à dessiner, comme cela nous était demandé…
Je pensais ne jamais me remettre au dessin. L’arrêt de cette matière m’aparaissait être une bonne chose. Puis j’ai retrouvé mes carnets de croquis. L’envie est revenue.
Et 2 ans plus tard, me voilà à racheter du matériel.
Je cherche des images à droite, à gauche et je mélange le tout… et ça me destresse.
Parfois, des choses que je regarde se mettent à me renvoyer de nombreux souvenirs.
Des choses parfois insoupçonnées.
Il y avait le diplôme qui approchait, le soleil qui filtrait toute la journée dans ma chambre. Il était souvent là. J’avais froid, je travaillais sous ma couette et je le regardais bosser à mon bureau.
J’avais vraiment froid, j’avais peur pour mon diplôme, et, par dessus tout, je ne voulais pas perdre une seule seconde passée avec lui. J’ai toujours aimé ces quelques jours qu’il venait passer chez moi où je vivais hors du temps, dans un autre monde où les stores étaient toujours à demi tirés car j’aimais la lumière et lui n’aimait pas voir la rue.
Je me rappelle avoir dévoré la première saison de Damages en quelques jours. Sous ma couette, bien au chaud, près de lui, à oublier les angoisses du diplôme et de se qui se déroulerait après.
Dans 10 jours, j’aurais à nouveau une couette.
ça tombe bien la saison 2 ne fait que commencer, et j’ai des épisodes à rattraper.
Quand le blues me monte aux joues, je profite du soleil qui se couche pour me faufiler un étage plus haut et admirer la vue qui se dessine devant moi…
4 mois, et je ne m’y habitue toujours pas.
Je voudrai en dire plus, mais j’ai peur de laisser la magie s’envoler.
Elle parle tellement fort qu’elle empêche les autres voyageurs de continuer leur nuit un peu trop courte.
Elle porte un manteau de fourrure, et lit Version Femina.
Quand elle tourne les pages, elle envoie ses coudes dans mes côtes sans une excuse.
Elle parle avec ses amies. Les ragots. « La blonde, là, l’autre ». Le médecin qu’elle « admire », vous savez quoi ? Leur fille a fugué et ils ont appelé les policiers, ils l’ont retrouvée sur le parking, quelle honte… Quelques autres personnes trainées dans la boue.
Elle pense que ça n’est pas le moment d’aller en vacances en Guadeloupe, elle a l’air déçue, voire outrée. Elle semble bien loin des revendications.
Elle estime que ce pantalon à 70€ sur papier glacé est plus que raisonnable. Surement bientôt sien.
Elle parle encore trop fort et son auditoire ne se détache pas d’elle, elle rit tellement fort qu’elle secoue nos sièges.
Le train s’arrête, je reçois un dernier coup de coude, le temps pour elle d’enfiler sa fourrure. Elle bouscule les passagers et se fraye un chemin dans le train qui n’est même pas à quai.
Les livres et moi, on a souvent tendance à ne faire qu’un.
Qu’importe le style ou le raffinement, là n’est pas la question. Parfois, la fiction est tellement prenante que je ne sais plus vraiment où ses situent les limites de la réalité. Je finis par calquer mes humeurs sur l’histoire, ne dormant plus quand l’histoire s’arrête en pleine action, prise d’angoisse lorsque l’héroïne va mal.
Je n’arrive plus vraiment à contrôler mes réactions et plonge dans un mutisme presque total, vivant l’histoire dans mes pensées quand il n’est pas possible de la poursuivre. Les personnages viennent peupler un univers mental que je peine de plus en plus à quitter, ayant du mal à me résoudre au simple fait que « tout cela n’existe pas dans la réalité ».
Je dévore les livres, ne pouvant plus me passer de leur univers, et je redoute pourtant, à chaque fois, la dernière page du dernier livre, ce moment où je devrais définitivement m’arracher à un petit monde.
C’est enfantin, mais les longs livres fantastiques me font toujours cet effet. Quelque part dans ma tête, je deviens l’héroïne et oublie le monde qui m’entoure pour n’y revenir qu’avec difficulté.
C’est puéril, mais j’ai toujours autant de mal à admettre qu’un autre monde n’est pas possible et que celui qui me fait vibrer doit rester cantonné dans mes pensées, ou couché sur le papier.
Quelque part en moi subsiste une éternelle adolescente qui ne sera jamais satisfaite par ce monde tant qu’elle n’y trouvera pas de magie ou de créatures fantastiques.
Les dernières rumeurs sembleraient se confirmer, j’ai été tagguée dans une chaine.
Grand dieu, il semblerait que quelques traces de sociabilité persistent en moi.
Alors, je m’exécute, voici donc la 6ème image de la 6ème page de mon flickr… Dont le titre fait étrangement écho à celui de mon taggueur.
Le titre est… « Pont ».
Ce qui est amusant, c’est qu’à mon tour je vous propose une photo de pont… mais à quelques milliers de kilomètres de Cambrai…
Cette photo (c’est surement la moins jolie, dommage.) me rappelle ma semaine passée à Istanbul, pleine de contraste.
Je me rappelle que j’étais arrivée plus vite à Istanbul que lui à Paris, on était en plein dans les grèves.
Je me rappelle l’immersion dans une culture différente, une langue différente. Un dépaysement total très vite dépassé par mon émerveillement.
Je me rappelle des moments passés à surveiller l’écran de mon téléphone, en attendant un message de lui, perpétuellement en manque de ses nouvelles… J’ai surement pris conscience de la place qu’il prenait dans ma vie à ce moment là.
Je me rappelle le dur retour à Cambrai, dans le froid et la nuit, ma voiture en panne. L’arrivée à mon appart, et ma nuit passée à écrire, encore et encore sur mon séjour.
Je me rappelle que c’était bien trop court.
Et puis non, je ne transmettrai pas, car il semblerait que la plupart de mes amis (si tant est qu’il y en ai un certain nombre, ça reste à démontrer.) boudent flickR. Et toc.
Mon prof de philo m’avait prévenue, je suis horrible anarchiste élevée par des parents soixante-huitards qui m’ont appris à mépriser les règles… Je savais bien que faire mes dissert en 2 parties m’attireraient un jour ou l’autre de gros ennuis.
j’étais allée à un anniversaire où toutes les filles et les garçons s’étaient mis à danser.
Et j’avais fait la tronche à tout le monde car moi, j’étais venue parce qu’on m’avait promis que je pourrais jouer à Sonic.